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Les obligations du vendeur
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Les obligations du vendeur

Si, avant d’acheter un bien immobilier, un acquĂ©reur doit se poser les bonnes questions, le vendeur est de son cĂŽtĂ© dans l’obligation de fournir les bonnes rĂ©ponses ! Vous vendez ? Faisons le tour de vos obligations.

Achat immobilier dans l’ancien : les obligations du vendeur

 

L’achat d’un logement ancien, appartement ou maison, constitue l’un des investissements les plus importants d’une vie. Afin de permettre aux candidats acquĂ©reurs de s’engager en toute connaissance de cause, la loi impose au vendeur d’ĂȘtre le plus transparent possible. Ce qu’il faut savoir.

L’obligation principale de dĂ©livrance du bien

En tant que propriĂ©taire vendeur, vous avez l’obligation de dĂ©livrer le bien, ses Ă©quipements, accessoires et meubles tels que mentionnĂ©s Ă  la promesse de vente.

Si vous vendez un bien avec une chaudiĂšre, celle-ci doit ĂȘtre en Ă©tat de fonctionner, sauf mention contraire dans la promesse. Vous devez Ă©galement dĂ©livrer le logement dans l’état oĂč il se trouvait au moment de la signature du compromis de vente. Vous devez donc le conserver en bon Ă©tat et continuer Ă  l’entretenir jusqu’à la signature de l’acte dĂ©finitif de vente.

 

L’obligation de remise du dossier de diagnostic technique

Si vous vendez votre logement, vous devez fournir Ă  votre acquĂ©reur un dossier de diagnostics techniques complet. Il doit contenir suivant l’annĂ©e de construction et sa localisation :

  • Le constat de risque d’exposition au plomb (CREP), si votre logement a Ă©tĂ© construit avant le 1er janvier 1949 ;
  • L'Ă©tat relatif Ă  la prĂ©sence de termites dans le bĂątiment, si votre logement est situĂ© dans une zone concernĂ©e dĂ©limitĂ©e par le prĂ©fet ;
  • L’information sur la prĂ©sence d’un risque de mĂ©rules dans le bĂątiment, si votre logement est situĂ© dans une zone concernĂ©e, dĂ©limitĂ©e par arrĂȘtĂ© prĂ©fectoral ;
  • L'Ă©tat de l'installation intĂ©rieure de gaz, si l’installation a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e depuis plus de 15 ans ;
  • L'Ă©tat des risques et pollutions si votre logement se situe dans une zone concernĂ©e dĂ©limitĂ©e par le prĂ©fet (ERP) ;
  • Le diagnostic de performance Ă©nergĂ©tique (DPE) ;
  • L'Ă©tat de l'installation intĂ©rieure d'Ă©lectricitĂ©, si l’installation a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e depuis plus de 15 ans ;
  • Le rapport du contrĂŽle des installations d'assainissement non collectif ;
  • L'Ă©tat mentionnant la prĂ©sence ou l'absence de matĂ©riaux ou produits contenant de l'amiante, si le permis de construire de votre logement a Ă©tĂ© dĂ©livrĂ© avant le 1er juillet 1997.

 

Attention !

Si vous ne fournissez pas le constat de risque d’exposition au plomb ou les constats relatifs Ă  l’amiante et aux termites, l’acquĂ©reur peut, en invoquant des vices cachĂ©s, vous demander de prendre en charge les travaux nĂ©cessaires pour remĂ©dier aux dĂ©sordres. Il peut aussi demander l’annulation de la vente. Il en est de mĂȘme si vous ne lui fournissez pas les Ă©tats relatifs aux installations de gaz et d’électricitĂ©, ou le document relatif au contrĂŽle de l’installation d’assainissement individuel. Si vous ne communiquez pas l’Etat des Risques et Pollution (ERP), votre acheteur peut demander en justice l’annulation de la vente ou une diminution de prix. Vous devez fournir le dossier de diagnostic technique mais vous n’avez pas d’obligation de faire les travaux nĂ©cessaires, sauf si le dossier rĂ©vĂšle des matĂ©riaux en plomb ou amiante dĂ©gradĂ©s. Vous devrez alors vous conformer aux prescriptions du diagnostic.

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C’est, selon les situations, le nombre maximum de diagnostics immobiliers obligatoires Ă  prĂ©senter Ă  l’acheteur. S’y ajoute Ă©ventuellement la remise de l’attestation de surface privative (mĂ©trage loi Carrez) lorsque la vente porte sur un bien en copropriĂ©tĂ©. (Source : Code de la construction et de l’habitation)

L’obligation gĂ©nĂ©rale d’information du vendeur

De façon gĂ©nĂ©rale, pĂšse sur vous, en tant que vendeur, une obligation gĂ©nĂ©rale d’information concernant tout Ă©lĂ©ment dont vous avez connaissance et qui peut avoir un impact pour l’acquĂ©reur. Ainsi, les juges ont pu sanctionner un vendeur qui n’avait pas informĂ© l’acheteur des troubles de voisinage causĂ©s par un copropriĂ©taire. Ils retiennent que le vendeur doit donner une information loyale et complĂšte sur les nuisances subies. Cette information doit ĂȘtre mentionnĂ©e expressĂ©ment dans le compromis. La seule communication du procĂšs-verbal de l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale faisant Ă©tat de troubles et dĂ©gradations dont le voisin Ă©tait responsable est insuffisante pour justifier de l’information donnĂ©e. Il en est de mĂȘme de l’obligation d’information sur un projet de construction d’une ligne Ă  trĂšs haute tension, ou d’une rocade Ă  proximitĂ© immĂ©diate de la maison vendue.

Les obligations d’information spĂ©cifiques aux copropriĂ©tĂ©s

Outre l’obligation gĂ©nĂ©rale de dĂ©livrance, vous avez l’obligation d’informer l’acquĂ©reur de la surface du lot de copropriĂ©tĂ© que vous vendez. Ce mesurage prĂ©vu par la loi Carrez doit ĂȘtre mentionnĂ© dans la promesse de vente. A dĂ©faut, la vente peut ĂȘtre annulĂ©e.

Ce mesurage peut ĂȘtre effectuĂ© par un professionnel mais vous pouvez vous-mĂȘme attester de la superficie de votre logement, sous votre propre responsabilitĂ©, sans avoir l’obligation de fournir de document spĂ©cifique. Faire appel Ă  un professionnel reste toutefois vivement conseillĂ© : les modalitĂ©s de calcul de la surface de votre logement sont en effet complexes.

La loi ALUR du 24 mars 2014 a Ă©tendu davantage vos obligations d’information. Ainsi, vous devez Ă©galement fournir Ă  l’acheteur un certain nombre d’informations et de documents liĂ©s Ă  la copropriĂ©tĂ© :

  • Le rĂšglement de copropriĂ©tĂ©, l’état descriptif de division, et leurs modificatifs.
  • La fiche synthĂ©tique de la copropriĂ©tĂ©.
  • Les procĂšs-verbaux des assemblĂ©es gĂ©nĂ©rales des trois derniĂšres annĂ©es, sauf lorsque le copropriĂ©taire vendeur n'a pas Ă©tĂ© en mesure d'obtenir ces documents auprĂšs du syndic.

Vous devez lui fournir le carnet d’entretien de l’immeuble et autres documents relatifs aux interventions sur l’immeuble (assurance dommages ouvrage, dossier d’interventions ultĂ©rieures sur l’ouvrage), ainsi que le cas Ă©chĂ©ant les conclusions du diagnostic technique global.

Vous devez l’informer :

  • du montant des charges courantes du budget prĂ©visionnel et des charges hors budget prĂ©visionnel payĂ©es par le copropriĂ©taire vendeur au titre des deux exercices comptables prĂ©cĂ©dant la vente ;
  • des sommes susceptibles d'ĂȘtre dues au syndicat des copropriĂ©taires par l'acheteur ;
  • de l'Ă©tat global des impayĂ©s de charges au sein du syndicat et de la dette vis-Ă -vis des fournisseurs.

Lorsque le syndicat des copropriĂ©taires dispose d'un fonds de travaux, le montant de la part du fonds de travaux rattachĂ©e au lot principal vendu et le montant de la derniĂšre cotisation au fonds versĂ©e par le copropriĂ©taire vendeur au titre de son lot doivent ĂȘtre portĂ©s Ă  la connaissance de l’acheteur.

​ ​Les obligations spĂ©cifiques aux terrains Ă  bĂątir

Depuis le 1er janvier 2020, prĂ©alablement Ă  la vente d'un terrain non bĂąti constructible, ou Ă  la construction d’une maison individuelle, vous devrez faire rĂ©aliser une Ă©tude gĂ©otechnique des sols. Les zones concernĂ©es sont celles qui sont exposĂ©es au phĂ©nomĂšne de mouvement de terrain du fait de la prĂ©sence d’argile et situĂ©es en zone alĂ©a moyen ou fort. Elles sont dĂ©finies par arrĂȘtĂ©.

Si votre terrain Ă  bĂątir vendu est issu d’une division et constitue un lot de lotissement, ou issu d'une division effectuĂ©e Ă  l'intĂ©rieur d'une zone d'amĂ©nagement concertĂ© par la personne publique ou privĂ©e chargĂ©e de l'amĂ©nagement ou issu d'un remembrement rĂ©alisĂ© par une association fonciĂšre urbaine, vous devez faire rĂ©aliser un bornage : la mention du descriptif du terrain rĂ©sultant de ce bornage doit ĂȘtre inscrite dans la promesse.

Si le terrain que vous vendez n’est pas en lotissement, le bornage n’est pas obligatoire mais vous devrez indiquer dans la promesse de vente si le descriptif du terrain rĂ©sulte d’un bornage ou non.

Attention !

A défaut de respecter ces obligations, vous vous exposez à une action en nullité de la vente.

Les obligations du vendeur entre l’avant-contrat et la signature dĂ©finitive de la vente

Vous devez continuer Ă  assurer le bien jusqu’à la signature de la vente. En cas de dĂ©gĂąts, vous devrez procĂ©der aux rĂ©parations nĂ©cessaires ou effectuer la dĂ©claration de sinistre auprĂšs de votre assurance le cas Ă©chĂ©ant. Vous devez conserver le bien en bon Ă©tat et ne rĂ©aliser aucun changement ou travaux susceptibles de le modifier.

Les obligations d’information concernant les travaux entrepris

Si vous avez rĂ©alisĂ© des travaux qui nĂ©cessitent une autorisation administrative, vous devez fournir Ă  l’acheteur le justificatif de ces autorisations (dĂ©claration prĂ©alable, permis de construire), qui sera alors annexĂ© Ă  la promesse de vente.

Si des travaux rĂ©alisĂ©s sont couverts par une garantie dĂ©cennale, vous devrez Ă©galement en fournir les justificatifs. Sachez que pour de tels travaux, une assurance dommage ouvrage doit ĂȘtre aussi souscrite.

A dĂ©faut de telles assurances, l’acheteur devra en ĂȘtre informĂ© par une clause particuliĂšre du compromis de vente. Dans ce cas, sachez que vous engagez votre responsabilitĂ© au mĂȘme titre que des professionnels. En cas de dĂ©sordres rĂ©sultant de ces travaux, vous pouvez ĂȘtre condamnĂ©s Ă  rĂ©parer le prĂ©judice occasionnĂ©.

Sanctions et recours en cas de manquement à l’obligation du vendeur

Les manquements Ă  vos obligations peuvent ĂȘtre sanctionnĂ©s au titre des vices cachĂ©s, c’est-Ă -dire des dĂ©fauts cachĂ©s qui rendent le bien vendu impropre Ă  l'usage auquel on la destine, ou qui diminuent tellement cet usage que l'acheteur ne l'aurait pas acquise, ou n'en aurait donnĂ© qu'un moindre prix, s'il en avait eu connaissance.

Sachez que bien qu’en tant que particulier vous ne devez en principe aucune garantie des vices cachĂ©s, si la preuve est faite que vous connaissiez ces dĂ©sordres ou que vous ne puissiez les ignorer, cette clause d’exclusion de garantie peut ĂȘtre Ă©cartĂ©e. Votre acheteur pourrait demander la nullitĂ© de la vente et/ou des dommages et intĂ©rĂȘts.

La vente pourrait Ă©galement ĂȘtre annulĂ©e au titre de la « rĂ©ticence dolosive », si vous omettez sciemment de rĂ©vĂ©ler un Ă©lĂ©ment essentiel pour l’acheteur, Ă©lĂ©ment dont vous aviez connaissance. Vous pourriez Ă©galement ĂȘtre condamnĂ© Ă  lui verser des dommages et intĂ©rĂȘts.

Notre conseil aux acquéreurs :

« Avant la signature de l’acte dĂ©finitif de vente, il peut ĂȘtre judicieux d’effectuer une « contre-visite » afin d’acter le bon Ă©tat du bien.

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